5ème étage, entre réalité et fiction : immersion

Le ding sonne, la porte s’ouvre. J’entre dans ce volume sombre. Je ne distingue pas ce qu’il y a à l’intérieur. À première vue,  je dirais que c’est un ascenseur, puis, je dois me rendre à l’étage.

L’espace d’exposition se trouve au dernier étage d’un immeuble Avenue des Champs Elysée.

PARIS, FRANCE - SEPTEMBER 9: The Champs-Elysees and the Arc de T

Nous sommes deux à vouloir faire cette ascension. Un membre de l’espace culturel Louis V. nous accompagne, son sourire ne me fait pas oublier que je me trouve dans un magasin.

La porte se referme ; aucune lumière, aucun son, aucun bruitage de mécanique ne vient perturber cette rencontre sensible entre l’espace qui doucement se dévoile et nous. Sauf peut-être la respiration du spectateur qui partage cet instant avec moi.

Je comprends alors que je suis au coeur de ce que je suis en partie venu voir.

L’ascenseur prend une direction verticale, mais l’absence de repère visuel et sonore me trouble et me déroute. Je sais pertinemment que je me déplace (c’est du moins ce que je crois). Étrangement je pense au train et ce bruit sourd qui nous accompagne lorsque l’on choisit de s’assoire dans le wagon cabine des Intercités. Ce même bruit sourd qui me donne la sensation d’être coupé du monde, mais qui ouvre les champs de la perception. Et pourtant physiquement je m’y sens bien présente.

Dans la verticalité, l’ascenseur s’élève. Diamétralement opposé au trajet horizontal du train, l’effet de voyage est fort. Pourtant, je ne vois aucun paysage défiler devant mes yeux sauf peut-être le paysage mental qui se dessine dans mon esprit. Dans cet ascenseur je me sens vraiment ailleurs.

À leur manière, l’oeuvre et le train nous transporte d’un espace à l’autre, d’une émotion à l’autre. Là, en immersion totale dans Votre perte des sens, d’Olafur Eliasson.  Je suis arrivée à cet étage attendu. Ambiance feutrée, noir, obscure et insonorisée, on y voit rien, mais on ressent.

L’expérience s’arrête ici, au 5ème étage.


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