Meet Hugues, Antoine et Margaux before Early Work

Aujourd’hui j’ai choisi de vous présenter EARLY WORK, plate-forme singulière de vente en ligne d’oeuvres dédiées aux élèves et jeunes diplômés en école d’arts, mais pas que! Vendre, accompagner, exposer et diffuser le travail de jeunes artistes c’est la mission que ce sont donnés Hugues Leblond, Antoine Cadeo, Alexandre Dupont et Margaux Barthélemy, fondateurs d’EARLY WORK. Rencontre connectée avec ces nouveaux marchands d’art 2.0.

Pouvez-vous nous parler d’Early Work, de la manière dont vous avez conçu le projet? Quel a été le point de départ ?

EW : Nous achetions des œuvres d’amis en école d’art : il existe dans leurs travaux une forme d’intuition indéniable correspondant à un premier ensemble de réflexions qui nous touchaient, qui sera amenée à être retravaillée tout au long de leur carrière et aussi, a un prix très accessible que nous pouvions nous permettre. Nous voyions aussi leurs difficultés à se projeter concrètement dans le monde professionnel : comment vivre de leur art dans les années à venir ? Quel chemin suivre ?

Early Work est donc née de plusieurs de ces intuitions et nous voulions apporter une réponse à plusieurs niveaux.

On sait que la plupart des étudiants en écoles d’art ne continuent pas leur pratique artistique une fois sortie. N’est-ce pas un risque de miser sur des étudiants ? 

EW : Ils continuent tous leur pratique même si elle ne devient pas leur activité principale, du moins celle qui leur permet d’en faire un métier à part entière et de payer des factures. C’est de toute façon très rare pour un artiste de sortir d’école et de vivre pleinement de ses propres productions. Il faut aussi une certaine expérience dans sa production et son travail pour progresser, comme dans toute activité.

S’intéresser – si on en a l’envie – à leur travail dès cette période, c’est justement l’occasion de les faire réfléchir et de les encourager dans la relation qu’ils ont avec ce métier.

Louise de Montalembert

Louise de Montalembert, 231321, 2014, Impression numérique sur Olin Regular extra blanc 120 gr/m2 , 21 x 29,7 cm X4, exemplaire unique.

Comment repérez-vous ceux qui feront les expositions de demain ?

EW : Le recrutement est multicanal (online,offline et nous sommes aussi contacté depuis notre site) et nous engageons une discussion par la suite.  L’échange qui suit est primordial pour nous car il nous permet de cerner les différentes personnalités et de nous adapter pour la suite en essayant de les encourager sur certains points et de les conseiller sur d’autres.  Ça nous permet aussi d’appréhender leurs discours, leurs motivations et les moyens envisagés dans leur progression.

Ça explique peut-être votre slogan « Meet Pablo before Picasso », qui est vraiment génial, pourriez-vous nous en dire plus ?

EW : C’est un clin d’œil à un artiste universel. On peut aussi le décliner avec n’importe lequel dont on apprécie le travail : Meet Marcel Before Duchamp, …,  et il fonctionne aussi avec tout nouveau postulant : Meet Elodie Before Bernard.

Cyril DebonCyril Debon, Pochette surprise (don’t go chasing waterfalls II), 2016, sculptures, 59 x 22 x 10 cm.

Early Work ce n’est pas une simple plateforme de vente en ligne, c’est aussi de vraies expositions. Pourquoi ?

EW : C’est une plateforme de vente et un blog sur lequel nous mettons en avant les artistes avec qui nous collaborons et des intervenants, en lien avec le marché ou pas, avec un discours accessible. Un écosystême de réseaux digitaux et humains. Et c’est aussi effectivement, des expositions pour trouver des lieux de diffusion aux artistes, rencontrer leur public, et avoir une vie hors du cadre digital.  Nous travaillons pour progresser et faire des propositions partout  où l’on peut créer un lien pertinent avec notre activité et celles des artistes.

Sur votre site, on peut acheter de l’art, mais qui est ce « on », à qui s’adresse Early Work  et qui sont ses acheteurs ? 

EW : Le spectre est large mais, pour te résumer nous nous adressons à toi, à nous, aux amis, à un voisin, à un galeriste, et bien entendu à Bernard Arnaud et François Pinault 😉 Nous essayons de proposer des œuvres qui correspondent à plusieurs profils mais, dont le premier critère doit être de se faire plaisir, le prix – entre 100 et 1000 euros – étant une question secondaire. Les artistes sélectionnés sont à nos yeux les premiers intéressés car ce sont eux qui nous proposent leur travail.

Loup LejeuneLoup Lejeune, Septième ciels II, 2015, sérigraphie 5 passages sur papier Steinbach 250gr, 65 x 99 cm (1 exemplaire rouge), numérotée et signée, édition en 2 exemplaires.

Il n’y a pas de rencontre physique avec l’œuvre sans l’avoir acquise, ça peut freiner à l’achat, qu’est-ce qui peut motiver un achat en ligne? 

EW : C’est le cas pour certaines œuvres – par exemple il peut arriver que certaines ne soient pas « photogéniques » – c’est aussi pour cela que nous avons une présence physique dès que nous pouvons (dans le cadre d’exposition par exemple), nous transformons aussi notre espace à partir de septembre pour présenter certaines pièces à nos collectionneurs.

Pourquoi est-ce important d’acheter de l’art ? 

EW : L ‘avenir du monde en dépend ! Non plus sérieusement, l’achat d’art est à la fois futile et une expérience  ultime. Il n’est pas nécessaire d’acheter quand on s’intéresse à l’art : on y a accès par  les expositions, les lectures, … on peut supporter des artistes juste en discutant avec eux. L’achat d’œuvre est un à côté dans les activités culturelles et cependant il reste crucial dans les moyens qu’il va procurer à l’artiste, dans sa liberté d’avancer. Posséder une œuvre est aussi une expérience incroyable parce que vous allez vivre avec, retrouver un émerveillement quotidien, modifier votre vision de l’œuvre et celle que vous avez de l’art. Il  y a aussi différentes lectures possibles avec les autres, la façon dont vous allez disposer l’ensemble. Si vous êtes ensuite rattrapé par le démon de la collection, il va falloir faire vivre la vôtre, vendre, remplacer, acheter … Bref, c’est une expérience assez complète et pleine d’émotion.

Léa RiveraLéa Rivera, Sans titre (WDN), 2014, linogravure. 15 x 32 cm.

Quelle est la différence entre Early Work et les galeries ?

EW : Nous nous positionnons sur un segment qui n’entre pas dans le champ des galeries, mais qui pourtant les intéressent. Les galeristes font un excellent travail de fond que le digital ne permet pas encore de faire, mais qui a la faculté de pouvoir créer des liens avec les professionnels. C’est pour cela que nous nous sentons plus comme un outil – une plateforme – que comme une galerie, même si nous avons certains fonctionnements similaires.

Je suppose que vous devez être collectionneurs ? Quels sont les critères qui font que vous choisissez une œuvre plutôt qu’une autre ?

EW : L’émotion de la pièce, le profil de l’artiste, le prix de l’œuvre.

Avez-vous déjà craqué pour une œuvre mise en vente par Early Work ? 

EW : Oui et c’est d’ailleurs un gros problème chez nous puisque ne proposant que des artistes que nous aimons, nous sommes en permanence tentés ! 😉

Enfin, qu’elle serait la pièce, en ligne sur le site, qu’il faut absolument avoir chez soit ? Et l’artiste à suivre ?

EW : Toutes et tous !


Retrouvez leur prochaine exposition LE 30 juin au Musée d’orsay:

« Hommages et pastiches, carte blanche à une nouvelle génération d’artistes « 

www.early-work.com

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